samedi 16 août 2008

Rencontre avec le désir (chapitre 2)

Il me sert dans ses bras. Je lui caresse le dos, en cercle, puis du haut vers le bas, je l'embrasse la bouche entrouverte, je lui aspire la peau, je l'effleure du bout de ma langue, je remonte vers son oreille, lui mords le lobe de l'oreille, l'aspire entre mes lèvres...

Nous nous détachons. Il me regarde en souriant et me dit :

« - Tu es bien habillée ! Tu t'es maquillée ! Tu es jolie ! Bel effort ! Et moi comment tu me trouves ?
- Je suis toujours comme ça ! Qu'est-ce-que tu crois ?! Ca va t'es pas mal, un vrai métrosexuel quoi !
- Et sinon ? La vie est belle ? On va manger quelque chose, j'ai la dalle !
- Ca va ! J'ai pas faim moi, je me suis enfilé un paquet de gâteaux avant de venir.
- Forcément ! Tu veux du sexe tout de suite toi ! Alors ton retour à Paris ?
- Je suis trop contente ! Je suis comme un poisson dans l'eau, je reprends peu à peu mes repères. Je suis née pour vire à Paris !
- Tu connais le quartier ? On va manger où ?
- Je sais pas, je connais pas trop ici...
- Prends des initiatives un peu !
- Oh mais qu'il est chiant ! C'est toi qui a faim hein ! »

Nous marchons, d'abord l'un à côté de l'autre, très proches. Rapidement, il me prend la main. Nos doigts se glissent en quinconce sans avoir à se chercher.

« - Tu as mis des talons, tu n'as pas mal aux pieds ?
- Non, j'ai l'habitude ! Viens, on va là ! Mais en terrasse !
- Ok ! »

Nous nous arrêtons devant une chaîne de... Le cadre est moderne mais très minimaliste. Du brun, du noir, du métal. Nous demandons une table en terrasse. Je monte sur la terrasse construite de plaintes de bois brun, du tek certainement. Inévitablement, je me coince le talon entre deux plaintes, j'enlève mon pied de ma chaussure, retire mon escarpin de son piège et le remet. Il sourit en me regardant et me fait la réflexion attendue « Tu t'es coincée le pied ? ». Je lui souris et lui réponds affirmativement.

Nous nous asseyons. Nous discutons et nous nous piquons verbalement comme nous avons l'habitude de faire depuis 15 jours. Il me touche les jambes en-dessous la table de ses deux mains, me tenant les genoux et tentant malgré la table qui nous sépare de remonter le long de ma cuisse. Je le regarde droit dans les yeux avec envie, il me rend cette intention qui nous lie depuis le jour où l'on a pris contact sur internet. Le serveur se fait insistant pour que nous commandions, mais nous avons envie de prendre notre temps. A trois reprises nous lui demandons de disposer. Nous n'en sommes qu'à prendre un verre et à discuter de choses et d'autres : mon retour sur la capitale, son travail, ses rencontres, ses aventures, mais surtout ses non-aventures. Je remarque qu'il a tendance à toutes les traiter de connes... et je sais par extension que je finirai dans le panier de connes, sauf que contrairement à d'autres, depuis le premier jour, je le sais et que je m'en fous royalement. C'est le moment présent qui compte. Inutile de vouloir être classée ailleurs, ce n'est pas ce que je recherche. Je ne recherche à aucun moment son respect ou le besoin d'être unique dans sa vie parce que je sais que depuis le début, il n'en vaut pas la peine, qu'il ne m'apportera rien que je ne sache déjà. Il est de ses hommes que je cherche à percer. J'ai demandé l'avis de 3 hommes complètement différents sur lui, la réponse a été unanime : « C'est un chasseur ! ». Sur ces trois hommes, j'étais sûre de la sincérité de deux d'entre eux.

Au bout de la quatrième demande du serveur, nous nous décidons à commander. Nous prenons tous deux le même plat. Peu de temps plus tard, il simule un orgasme à table à la « Quand Harry rencontre Sally », ce qui me fait hurler de rire. Notre entourage n'ose pas me regarder. Leur gène nous pousse évidemment à rire de plus belle. Il approche son visage du mien difficilement à cause de la table et réussi néanmoins à m'embrasser, je me penche le plus possible vers lui mais refuse de me lever pour obtenir ce baiser. Je ne tiens pas à lever la croupe vulgairement pour obtenir un don de l'objet de mes désirs. Aussi cruel cela soit-il tant pour lui que pour moi.

Nous sommes servis, nous mangeons, nous discutons, mais nos discussions sont vite limitées, je dois faire l'effort de boire ses paroles, chose que je feins très bien. Pourtant le désir est toujours aussi présent et croissant. Chaque regard échangé est un appel au sexe. Chaque main posée sur la table caressant l'autre en est de même. J'ai envie de lui, je me dis cependant qu'il faut que je mange pour tenir la route, sans savoir qui sera fatigué le premier.

Nous terminons le repas et commençons à rechercher un hôtel. Il me dit avoir repéré tel hôtel plus loin. Ca me semble correct. Nous marchons main dans la main, s'arrêtant tous les 20 mètres pour entamer caresses et baisers enflammés. C'est lui qui s'arrête à chaque fois, je n'en prends absolument pas l'initiative et je le laisse faire. Sa respiration est soutenue, forte et audible. Ses gestes sont passionnés à la limite de la crispation. Cet état de tension me plaît et je maîtrise parfaitement. Je suis très détendue. Il m'excite terriblement, plus je le regarde, plus mon état d'excitation sexuelle augmente. Je me sens humide. Il faut rappeler que nous sommes fin juillet et que je n'ai pas eu de rapports sexuels avec un homme depuis fin février. J'ai eu beau avoir usage de différents sextoys et des orgasmes assez violents, cela ne remplacera jamais la présence d'un corps. La sensation de chaleur humaine est d'autant plus décuplée pour le sexe, quoique certains puissent en penser.

Nous trouvons enfin l'hôtel ! Nous avançons vers la réception, je le laisse payer, ce qui me dérange à vrai dire. Mais je ne dis rien. Il donne un faux nom. Je le constate quand il me montre son nom réel sur sa carte bleue. Il y a une raison au fait qu'il me donne son nom, mais que je n'exposerais pas ici. N'y voyez rien de personnel, je risquerai juste de dévoiler son identité.
Fin du Chapitre 2.

A suivre...

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