dimanche 3 août 2008

Rencontre avec le désir (chapitre 1).

"- Tu es où ? Je viens de sortir du métro !
- Ben... moi aussi ! Je te vois pas, tu es habillée comment ?
- J'ai une petite robe noire, courte, avec des talons
- Il y a quoi à côté de toi ?
- Y'a la ... heu... ça et puis ça...
- Ok ! J'arrive ! Attends-moi !"

Je regarde le plan du métro à la sortie de la station. Je ne veux surtout pas le voir arriver de front. Mes jambes tremblent si je reste immobile, mais j'essaie de me contrôler en contractant mes cuisses. J'ai une boule au ventre et dans le même temps, j'ai la sensation étrange de cette hâte mélangée à la peur. Je veux le voir. Je n'en peux plus d'attendre, je veux le voir immédiatement, le sentir, voir ses attitudes, voir ses yeux, lire ou vérifier son désir dans son regard, toucher sa peau, sentir son corps contre le mien.

Je fixe la carte des métros sans néanmoins pouvoir planter mon attention sur un seul point, mes yeux partent dans tous les sens comme si je cherchais quelque chose dans un moment de tension. Je ne me souviens pas avoir été aussi impatiente de rencontrer quelqu'un que je n'ai pas déjà vu.

Quelqu'un s'arrête derrière moi. Il est proche, il ne parle pas, je sens son souffle dans mon cou, il doit se tenir à 20 ou 30 centimètres de moi. Je marque un temps d'arrêt où j'ai l'impression que plus rien d'autre n'existe que ce doux sentiment de peur et d'envie. Cet instant même est unique. Ce moment dure 1 à 2 secondes et pourtant semble être une éternité à la fois. Je me retourne et je souffle un "han...!" à peine audible dès que je me retrouve face à lui.

Nos visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre, le monde pourrait s'écrouler que nous ne verrions rien d'autre que notre désir réciproque. Il regarde ma bouche et tient la sienne entrouverte. Je fais durer ce moment, il ne faut pas que je rapproche mes lèvres tout de suite et lui non plus ne le fait pas. Il y a ce je ne sais quoi de voluptueux. J'attends encore, il regarde ma bouche, puis mes yeux et encore ma bouche. Ce que nous vivons est au-delà du désir. C'est un instant, quelques secondes délectables et j'en profite à mon aise.

J'approche ma bouche lentement près de la sienne. Mes lèvres encerclent sa lèvre supérieure, mon cœur bat vite mais avec une certaine douceur et je ne tremble plus. Le désir a pris le pas sur tout ce qui pouvait m'angoisser. Nous nous embrassons lentement, goûtant chaque partie de nos lèvres, mais sans jouer de nos langues. Nous avons le temps et ne sommes pas pressés, chaque seconde est appréciée à sa juste valeur. Nous avons fait monter le désir depuis 2 semaines et nous essayons de nous tenir à ce que nous avons fait jusque là, attendre encore jusqu'à n'en plus pouvoir. Je l'aime, à ce moment précis, je l'aime. Je ne parle pas d'aimer dans le sens où je tombe amoureuse à tout laisser tomber pour lui. Non ! Je suis juste folle de désir à son égard. Nous détachons nos bouches, il me caresse le visage de ses deux mains, me regarde dans le détail et j'imagine à cet instant que le désir que je peux lire dans son regard me rend incroyablement belle. Nous avons l'air de deux amoureux qui viennent de se retrouver alors que nous sommes deux amants fous de désir l'un pour l'autre.

Croyez-moi Mesdemoiselles ou Messieurs, mais il est très facile de faire la différence entre un homme qui vous désire (même si cela ne dure que 5 minutes) et un homme qui veut juste tirer son coup ou faire la vidange. Etre l'objet du désir d'un homme est le sentiment le plus extatique que j'ai pu vivre. Ce n'est pas la première fois et pourtant, à chaque fois, je le vis comme un orgasme.

Il caresse mon visage de ses deux mains, parfois avec ses doigts ou avec la paume de ses deux mains. Nous nous inspectons dans le détail. Je regarde sa bouche, ses yeux, ses lèvres, ses joues, son nez, ses cheveux, ses oreilles. Nous ne parlons pas, il est inutile de dire quoi que ce soit, nos corps parlent à notre place.

Il remet ma frange sur le côté pour éviter qu'elle ne tombe dans mes yeux et il continue à regarder ma bouche avec envie. Il tient le bas de mon visage dans la paume de ses mains et approche à nouveau mes lèvres des siennes, profitant de chaque approche, du goût, de chacune des sensations, des frissons... J'ai pour habitude de fermer mes yeux mais je les ouvre afin de plonger mon regard dans le sien. Il me regarde avec douceur, tendresse et envie. Je lance ma langue timidement contre ses lèvres sans forcer le passage, juste pour l'exciter un peu plus. Je lui mords la lèvre supérieure, doucement. Je lui prends le cou d'une main et de l'autre la taille, en la glissant délicatement dans le dos avec lenteur.

Son corps se rapproche du mien et se serre contre mon bassin. Je ne pense à rien d'autre, rien ne pourrait me perturber. Je me sens extrêmement bien, je suis à Paris, ma ville d'amour et j'ai en face de moi l'objet de mon désir. Je me sens plus épicurienne que jamais je ne l'aurais été de toute ma vie jusque là. Il me prend dans ses bras, un peu au-dessus de la taille et me serre contre lui, je le sens hésitant et un peu tremblant tout comme je le suis. Cet état d'égalité me donne une supériorité toute relative qu'il sous-estime certainement mais dont je me joue.

Après toutes ces années en couple que je croyais m'avoir été affaiblie, je gagne naturellement en assurance. Nulle femme ne sait le pouvoir de séduction qu'elle a tant qu'elle n'a pas essayé de gagner en assurance. Vouloir = pouvoir !

Il me m'embrasse dans le cou, passe la main dans mes cheveux, me mord le lobe de l'oreille puis la nuque... Je crois mourir de plaisir sous les crocs de mon fantasme : séduire Dracula. Un frisson indescriptible, telle la vague d'un orgasme, me traverse tout le corps. Il le savait, mais il en faudra plus pour me conquérir et je ne suis pas sûre à cet instant qu'il s'en rende compte.

Nous restons ainsi à nous embrasser et à nous toucher au travers de nos vêtements pendant quelques temps. Je suis incapable d'en donner la durée. Je ne compte pas. Ce moment est délicieux.

Fin du chapitre I

Aucun commentaire: