Je ne voudrais pas casser l'ambiance, mais ma réponse est non. Il n'est nul besoin de chercher très loin pour en faire une critique acerbe.Avant de l'acheter, je m'étais demandée, étant donné le titre, comment on pouvait proposer un magazine viable dont le sujet principal tourne autour de nos adorables jouets sexuels. Je ne m'étais pas encore renseignée sur le contenu du magazine, j'avais juste lu à droite, à gauche, quelques articles qui annonçaient l'arrivée de S'Toys sur le marché et forcément, je m'étais dit qu'il était temps qu'on nous propose, à nous les femmes, un magazine "sexuel" adapté à nos codes.
Je l'ai d'abord cherché au rayon des magazines féminins, telle fut ma première erreur, pourtant il y a sa place (péjorativement parlant). Le second réflexe a été de me diriger vers le rayon des magazines pour adultes où il n'a d'ailleurs pas sa place à mon goût. Des magazines tels que 20ANS, Jeune et Jolie, Glamour et compagnie sont beaucoup plus borderline, en ce qui concerne le sexe, que S'Toys.
Je l'ai trouvé rapidement notamment à cause de son format relativement grand et la présentation très féminine, rien que dans la police et les couleurs (rose et blanc pour ce numéro), la femme s'y retrouve tout de suite. Je suis en retard, nous en sommes déjà au N°8 pour Juillet / Août / Septembre 2008. Teri Hatcher, la Desperate femme-enfant gaffeuse est en couverture (habillée). Au premier regard, d'extérieur, parce que le magazine est sous plastique, S'Toys se veut classe, glamour, coquin et reprend tous les codes du magazine féminin classique : mode, tests, dossiers et cadeau (à l'intérieur c'est pire, mais on verra cela plus loin).
Le mag est sous plastique car il contient d'après l'annonce un vibro de luxe qui se révélera être la miniature d'un vibro qu'aurait pu avoir ma mère... estampillé d'un "made in china", de mauvais goût. A la découverte de ce fake de sextoy, S'Toys baisse dans mon estime et perd une partie du charme chic qu'il voulait se donner. Je sais bien que le prix n'est certainement pas le même, mais un jouet Fun Factory (même le plus petit qu'il soit) aurait donné plus de crédibilité. Je suis une Sextoyeuse de luxe, pensez-vous ?
Bref, après avoir reluqué vaguement mon nouveau jouet, je me suis lancée dans le feuilletage/lecture du magazine pré-cité. Rien qu'à la lecture du sommaire, c'est la débandade : mode / beauté / psy-socio de couple / people / astro sexe / test... Bref, je me dis que peut-être toutes ces rubriques sont subtilement adaptées. Je tourne la page et je découvre l'édito, j'ai mal aux yeux, il est écrit en majuscules et il manque plein d'espaces, il est illisible.
Page 6-7 une double page avec Collin Farrel, qui nous renvoie à la page 76 (où vous trouverez un encadré laissant à désirer concernant le bonhomme). Intérêt de la double page ? J'ai pas compris.
Page 8-9, une pseudo sex-actu people qui laisse à désirer... Les quelques pages suivantes, entrecoupées de pubs, sont un étalage de bidules/fringues tendance. Bon ok, soit ! Il s'agit d'un magazine féminin... mais on ne doit pas avoir les mêmes notions de ce qui est tendance. Ensuite on ne peut que s'arrêter sur l'article de Teri Hatcher qui nous parle de sexe et de son Kegelmaster. C'est un article typiquement féminin mais au moins le sujet est recentré.
Ensuite on attaque un sujet que je connais un peu : le porno féminin. J'ai grincé des dents tout au long de cet article bâclé qui ne comporte même pas de conclusion ni de question ouverte ! Quid Claudia Gehrke (Editrice), Innocent Picture (Prod), Natascha Merritt (Photographe), Ovidie (Actrice et réalisatrice), Catherine Breillat et Petra Joy (Réalisatrices), Elke Kuhlen et Nicole Rüdiger (Editrices de la revue "Glück", revue coquine également chez nos voisins allemands) ?
Pages suivantes : des photos de mode dont on voit à peine la lingerie... pourtant objet des photos.
S'ensuivent les tests de sextoys (enfin !). Les témoignages ne restent que ce qu'ils sont, mais la description des produits est trop succinctes, pas suffisamment de détails, pas d'explication d'utilisation (ce qui me fait penser à la photo du vibro contre la joue d'une jeune femme dans le catalogue La Redoute). Je ne suis pas néophytes en matière de sextoys et ceux présentés sont simples, mais ce n'est pas le cas de tout le monde... Les photos sont jolies mais ne sont que des illustrations inutiles. Tout comme pour le Secret Styler, même pas une photo d'un joli résultat ?!!Plus loin, on retrouve un dossier basé sur les couples totalement dénué d'intérêt. Suivent la rubrique beauté que l'on retrouvera dans tous les magazines féminins pour l'été, un article sur Saïd TAGHMAOUI avec une interview idiote que l'on croirait digne d'une adolescente de 15 ans, il ne manquerai plus que quelques "kikoo lol" au milieu et on pourrait confondre S'Toys avec Girls ! (D'ailleurs en y regardant de plus près... vous ne trouvez pas quelques similitudes ?). Les pages suivantes vous font faire le tour des boites hypes (sujet totalement has been...). Page suivante : la pratique du baiser... quel âge avons-nous ? Page suivante : une entrevue avec Aïssa Maïga: rien d'intéressant... Après quoi arrive le fameux astro sexe de l'été, passons parce que là aussi, ça relève du niveau de Voici.
Arrivent à nouveau les sextoys et autres délices sexuels, mais encore une fois les descriptions sont bâclées, ce qui enlève tout le charme originel du magazine, c'était pourtant bien le point où il fallait insister et là encore la rédaction passe à côté.
Après quoi les rubriques voyages, recette, questions/réponses (les questions sont bonnes, mais d'où sortent ces réponses ? De la psychologie de comptoir à deux francs alors que ces femmes réclament des conseils pratiques concrets et que les réponses existent, je ne suis pas une experte mais je pourrais faire beaucoup mieux ne serait-ce que par moi-même ou en cherchant un peu quelques informations à droite et à gauche, il y a tant de ressources...), la nouvelle (ça n'exciterait même pas la plus frustrée d'entre nous...), le courrier des lecteurs (Où sont celles qui râlent ? La pommade ça va 5 minutes, très peu démocratique...), photos people, l'horoscope (Madame Soleil a bu de la vodka hier soir ?), rubrique internet (Il y a tellement de sites intéressants sur le sujet et ils n'y sont pas...).
En bref, ce magazine n'est pas fait pour moi. J'en attendais beaucoup et ma déception est énorme. J'aurais voulu du concret, de grandes descriptions, des conseils sexuels pratiques, des photos érotiques, des nouvelles érotiques, des explications, des sujets plus qu'approfondis, des ressources et des sources, des témoignages d'hommes, de l'information et j'ai en récompense un magazine à 6,95 € avec un sextoy made in china qui se contente de plagier la multitude de magazines déjà existants sur le marché. S'Toys n'a que de novateur son nom, qui n'est qu'une tentative marketing éprouvée qui échouera face à la néo-libération sexuelle qui est en train d'exploser.
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